Changer le monde pour le mieux

Winter 2012

Daniel Hu

Schulich Leader at Queen's University

C’est devenu un peu banal de parler d’« atteindre la majorité » — après tout, il nous faut tous grandir, quitter le nid et trouver sa propre place au monde. La raison pour laquelle cet archétype est si touchant, c’est qu’en mûrissant, on ouvre les yeux sur les réalités du monde : les merveilles ainsi que les défauts. Surtout pour moi, l’expérience de mes deux premiers mois à l’université m’a fait reconnaître instinctivement que le monde est beaucoup plus grand que ce que j’avais aperçu auparavant.

Chaque fois que l’on avance un niveau d’éducation, les concepts deviennent plus avancés et plus spécialisés. L’université introduit cependant le nouveau concept de l’indépendance : il n’y a plus de supervision constante et tout ce qu’on apprend devient un prélude au métier éventuel (ce dont je suis toujours incertain !) Je suis venu d’une école secondaire au programme du baccalauréat international (l’IB) où un groupe élitaire et très uni de 36 suivaient « à grand-peine » un curriculum considéré très avancé. C’est donc assez ironique que les cours de l’université, suivis des milliers d’étudiants, s’agissent des concepts même supérieurs en biologie, chimie organique et calcul différentiel, ce qui montre que le monde entier est beau coup plus complexe vis-à-vis de celui de l’IB. Peut-être plus ironique, c’est que j’ai fait connaissance d’une douzaine d’étudiants canadiens qui sont également diplômés de l’IB, établissant que les gens du monde sont extrêmement nombreux, mais pas si différents que ça.

Le programme auquel je me suis inscrit, c’est celui de sciences générales, qui mène à la science de la vie. Ça serait une exagération de dire qu’on ait, jusqu’à présent, appris des connaissances pratiques à un métier (même en chimie organique, un cours de 2e année). Pourtant, il est évident que les concepts scientifiques généraux qu’on apprend actuellement posent les fondations d’un avenir florissant de recherche innovant. Les labos aux classes de biologie ne servent actuellement qu’à apprendre le format astreignant des revues scientifiques, mais c’est la première pas envers la science professionnelle : une véritable progression des labos infantiles aux avions en papier de l’IB. Les merveilles, les possibilités et l’importance de la science de la vie au monde pratique se révèlent , même si les concepts ne sont pas toujours « fascinants ». Pour comparer, l’usage le plus pratique de la linguistique, le sujet que me fascine le plus (et que j’étudie comme matière secondaire), c’est l’orthophoniste, qui est lui-même une branche de la science de la vie.

Pour l’instant, c’est l’heure de poser les fondations graduellement et de savourer la nouvelle expérience de l’université. Kingston est sans doute très différent de Markham — visiblement aux démographiques ethniques — et la communauté décuple de l’université m’a permis de devenir déjà exécutif de trois organisations : le comité de tutorat, les mathématiques alternatives pour enfants et la connexion francophone. Mes cours de sciences continuent et finalement, j’espère, comme disaient beaucoup de mes anciens profs, « changer le monde pour le mieux ».